Global Health Conférence 2009 - Nouvelles

La Fondation Hélène De Beir fait un appel à une nouvelle approche de la Santé Mondiale

Bruxelles, 21 Octobre 2009

Francis De Beir, père d' Hélène De Beir, la jeune femme belge chargée par Médecins Sans Frontières des affaires humanitaires, qui fut assassinée en Afghanistan en 2004, est un homme fier. La Fondation Hélène De Beir clôture aujourd'hui un congrès innovateur et important. Avec le soutien des Parlementaires pour les Objectifs du Millénaire, de l'Institut pour la Médicine Tropicale, du Fonds SIDA d'Amsterdam et de l'importante revue médicale The Lancet, la Fondation a réuni 80 experts de la Santé Mondiale provenant de tous les coins du monde. Durant trois jours ces experts ont exploré de nouvelles approches visant à garantir l'accès aux soins de santé élémentaires pour 2.5 milliards d'êtres humains qui en sont pour le moment dépourvus.

D'après l' Organisation Mondiale de la Santé, 40 dollars US par personne par an sont nécessaires pour couvrir les soins de santé élémentaires dans les pays les plus pauvres du monde. Une bien petite somme lorsqu'on la compare aux 2.500-3.000 dollars US dépensés par personne par an dans les pays à hauts revenus, somme bien sûr inatteignable dans les pays à bas revenus. Dr. Gorik Ooms, ancien directeur général de Médecins Sans Frontières en Belgique et à présent chercheur à l'Institut de Médicine Tropicale ainsi qu'à l'Université de Yale, a présenté à la conférence des estimations (calculs de base). "Les pays aux revenus élevés ont promis d'allouer l'équivalent de 0.7% de leur PNB au Développement. Nous avons besoin de 0.1% du PNB, c'est-à-dire un septième de la somme promise il y a dix ans, pour la Santé. En 2015, l'année fixée pour atteindre les Objectives du Millénaire, cela reviendrait à 50 milliards de dollars US; lorsque cette somme est ajoutée aux 50 milliards US$ provenant des ressources nationales nous obtenons 100 milliards US$, soit US$ 40 par personne par an. Ceci est tout à fait possible."

Si 50 billions US$ est une somme énorme, la création récente d'une chaine mondiale de solidarité tel que le Fond Global pour le Sida, la Tuberculose et la Malaria, démontre qu'il est possible de récolter et distribuer des sommes importantes tout en minimisant les risques de corruption et de mauvaise gestion. Les experts ont conclu que le principal concept est d'abandonner l'idée que la solidarité transfrontalière peut-être une action charitable temporaire, et d'accepter l'idée que la santé est une préoccupation de responsabilité mondiale. La charité est pour le moment la motivation principale de l'aide au développement, mais cette approche peut-être hautement problématique. L'approche de 40 US$ par personne par an ne peut fonctionner que si cette somme est garantie. Cela ne fonctionnera pas si elle n'est disponible que lorsque l'économie mondiale est florissante pour disparaître lorsque l'économie mondiale est en crise.

Durant les mois et les années à venir la Fondation Hélène De Beir fera la promotion de ce nouveau concept, la santé est une question de responsabilité mondiale, et ce parmi les organisations non gouvernementales, nationales et internationales. L'idée est simple et révolutionnaire. Elle signifie que lorsque la santé est considérée comme un droit humain, nous reconnaissons que cela exige des obligations autant nationales qu'internationales. En reconnaissant ces obligations nous acceptons que nous avons des responsabilités qui dépassent nos frontières. Lorsqu'il s'agit d'un principe aussi fondamental que celui de la santé élémentaire nous devons et nous pouvons véritablement changer le monde.

Francis De Beir commente: "Ceci est le type de travail que ma fille accomplirait si elle n'avait pas été assassinée. En créant la Fondation Hélène De Beir j'ai essayé de perpétuer ses idées et sa détermination. C'est son héritage au monde. C'est étrange, sans la mort d'Hélène, je n'aurais jamais fait cela. Un des participants à la conférence me confiait combien il est difficile de faire la scission entre le bien et le mal. D'un grand malheur naît une Fondation déplaçant des montagnes."

La Fondation Hélène De Beir s'est donné comme objectif de soutenir l'idéal de la dignité humaine pour tous, avec une attention toute particulière à la santé, et ce au travers de l'analyse, du plaidoyer et de la conscientisation. Le Président Jimmy carter, la Présidente Mary Robinson ainsi que d'autres personnalités internationales soutiennent la Fondation. Mary Robinson, ex-présidente d'Irlande et ex-Haut Commissaire aux Droits de l'Homme aux Nations Unies est venue à Bruxelles pour exprimer son soutien à la conference. De même que l'économiste américain de renommée mondiale, Jeffrey Sachs. Son Altesse Royale la Princesse Astrid de Belgique a tenu à marquer l'événement par sa présence et à exprimer ainsi son soutien au projet. Armand De Decker, président du Sénat, a invité les participants à partager leurs conclusions aves les membres du Parlement.

Hélène De Beir était juriste, formée comme diplomate, et travaillait pour MSF lorsqu'elle fût assassinée. Elle s'intéressait aux concepts théoriques et se passionnait pour le travail sur le terrain. La Fondation qui porte son nom tente de créer des ponts entre les idées brillantes et l'indispensable pratique. "Il y a tant de travail à faire" dit Francis, Président de la Fondation, "dans le domaine de la santé mondiale et de la violence contre les femmes, la santé mondiale et la mortalité infantile, la santé mondiale et les changements climatiques, la santé mondiale et le terrorisme… Ceci était notre première conférence, mais pas notre dernière